{"id":754,"date":"2022-11-27T16:15:10","date_gmt":"2022-11-27T15:15:10","guid":{"rendered":"http:\/\/hanspoirrier.be\/?p=754"},"modified":"2022-11-27T16:15:10","modified_gmt":"2022-11-27T15:15:10","slug":"traversee-cascais-lanzarote","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hanspoirrier.be\/?p=754","title":{"rendered":"Travers\u00e9e Cascais &#8211; Lanzarote"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En arrivant \u00e0 Cascais, nous n&rsquo;avions pas l&rsquo;intention d&rsquo;y rester particuli\u00e8rement longtemps. Mais la m\u00e9t\u00e9o, encore et toujours, nous a fait prendre un ticket de s\u00e9jour de deux semaines.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Revenons quelque peu en arri\u00e8re. Le lendemain de notre arriv\u00e9e, nous faisons la connaissance de l&rsquo;\u00e9quipage du Voilier Morpheus qui nous avait \u00e9t\u00e9 indirectement pr\u00e9sent\u00e9. Le courant passe bien. Nous \u00e9changeons quelques tuyaux et partageons quelques excursions, ap\u00e9ros et bons repas. Nos projets \u00e0 court terme sont semblables, faire route vers les Canaries d\u00e8s que possible. Nous identifions ensemble une premi\u00e8re possibilit\u00e9 de d\u00e9part, non vers les Canaries mais bien vers Mad\u00e8re pour le mercredi 9 novembre. Nous annulons finalement le d\u00e9part faute de vent; Hors de question pour nous de faire autant de miles nautiques au moteur. Qu&rsquo;\u00e0 cela ne tienne, un d\u00e9part pour les Canaries semble possible le dimanche 13 novembre. A nouveau, la bulle se d\u00e9gonfle et nous devons post-poser le d\u00e9part. Nous identifions ensuite une fen\u00eatre m\u00e9t\u00e9o permettant de rejoindre les Canaries pour le jeudi 17\/11. Mais encore une fois, les mises \u00e0 jour des pr\u00e9visions m\u00e9trologiques ne sont pas bonnes. Le vent est trop \u00e0 l&rsquo;ouest et la houle est tr\u00e8s forte. Je suis h\u00e9sitant et il m&rsquo;est difficile de trouver le sommeil la nuit pr\u00e9c\u00e9dant ce d\u00e9part. Finalement, le jeudi matin, je me rends \u00e0 bord de Morpheus pour discuter et, en fait, leur communiquer notre d\u00e9cision de post-poser \u00e0 nouveau le d\u00e9part d&rsquo;au moins 24 heures. Ils partagent notre analyse et nous replanifions un d\u00e9part pour le matin du vendredi 18\/11. Nous savons que les conditions seront difficiles, en particulier pour les 24 \u00e0 36 premi\u00e8res heures. La houle d\u00e9passera l\u00e9g\u00e8rement 3,5 m\u00e8tres avec une p\u00e9riode de 9-10 secondes et les rafales de vents atteindront 30 noeuds.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vendredi 18, nous larguons les amarres vers 9h00, non sans un brin d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 en ce qui me concerne. Je suis pr\u00e9occup\u00e9 par les conditions attendues durant les premi\u00e8res heures et \u00e0 cela, il faut encore ajouter le fait que la travers\u00e9e compte 650 miles et devrait durer 5 jours, ce qui est une premi\u00e8re pour nous.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG-20221123-WA0002.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-763\" srcset=\"https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG-20221123-WA0002.jpg 1024w, https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG-20221123-WA0002-300x225.jpg 300w, https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG-20221123-WA0002-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les premi\u00e8res heures de navigations se passent plut\u00f4t bien. Nous naviguons au grand largue, une allure assez confortable, avec deux ris dans la grand voile et le g\u00e9nois d\u00e9roul\u00e9 \u00e0 moiti\u00e9. La vitesse est bonne et la journ\u00e9e ensoleill\u00e9e mais fra\u00eeche. Nous atteignons la route des cargos que nous devons croiser dans l&rsquo;apr\u00e8s midi. Il n&rsquo;y a pas trop de trafic et aucune modification de cap ne s&rsquo;impose. Nous sortons de ce rail en d\u00e9but de soir\u00e9e. Cette sortie co\u00efncide avec la tomb\u00e9e de la nuit et la perte de la protection offerte par le cap Roca, situ\u00e9 \u00e0 hauteur de Lisbonne. La houle se l\u00e8ve donc brutalement pour atteindre plus de 3,5 m\u00e8tres de haut. Comme un malheur n&rsquo;arrive jamais seul, c&rsquo;est aussi \u00e0 ce moment que surviennent les premiers grains. Outre le d\u00e9sagr\u00e9ment de la pluie, les rafales de vent d\u00e9passent les 30 n\u0153uds et font d\u00e9ferler la cr\u00eate de vagues sur le bord du bateau. Par s\u00e9curit\u00e9, je demande \u00e0 Anne-Lise et Charlotte de se r\u00e9fugier dans la cabine alors que je reste seul \u00e0 la barre, bien attach\u00e9. Apr\u00e8s la houle, les rafales et la pluie, le quatri\u00e8me invit\u00e9 fait sont entr\u00e9e \u00e0 bord, le mal de mer. Nous sommes tous barbouill\u00e9s. Apr\u00e8s le passage de ces premiers grains, je remets Lady Mi sous pilote automatique et nous tentons d&rsquo;organiser les quarts de nuit. Personne n&rsquo;a d&rsquo;app\u00e9tit et nous sommes un peu en mode \u00ab\u00a0survie\u00a0\u00bb. Heureusement, le vent a tendance \u00e0 faiblir l\u00e9g\u00e8rement en cours de nuit, rendant la navigation plus maniable. Les \u00e9changes r\u00e9guliers \u00e0 la VHF avec Morpheus nous r\u00e9confortent. Les deux voiliers ne sont distants que de quelques miles au terme de cette premi\u00e8re nuit. La houle reste importante durant toute la deuxi\u00e8me journ\u00e9e. Difficile de r\u00e9cup\u00e9rer du mal de mer dans ces conditions. Les progr\u00e8s sont donc lents \u00e0 bord et les activit\u00e9s r\u00e9duites au strict minimum. Point positif, le vent reste \u00e9tabli et nous avan\u00e7ons \u00e0 une vitesse moyenne d&rsquo;environ 6 noeuds. Nous perdons le contact avec Morpheus au d\u00e9but de la seconde nuit. Ils sont contraint de manoeuvrer pour \u00e9viter une remont\u00e9e de fond alors que, nous qui sommes l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9cal\u00e9 dans l&rsquo;est, pouvons passer sans difficult\u00e9. Rapidement, les voiliers s&rsquo;\u00e9loignent l&rsquo;un de l&rsquo;autre, hors de port\u00e9e VHF. Nous continuerons toutefois \u00e0 \u00e9changer nos impressions, nos conditions de navigations respectives et nos positions par satellite. La seconde nuit est plus calme que la premi\u00e8re et nous permet de r\u00e9cup\u00e9rer un peu. Nous dormons davantage et nous r\u00e9alimentons progressivement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous commen\u00e7ons le troisi\u00e8me jour de navigation avec un petit probl\u00e8me technique; Nos batteries se rechargent mal. Pour les recharger, nous comptons d&rsquo;une part sur les panneaux solaires et d&rsquo;autre part sur un hydrog\u00e9n\u00e9rateur, c&rsquo;est \u00e0 dire une sorte d&rsquo;h\u00e9lice qui tourne dans l&rsquo;eau gr\u00e2ce \u00e0 la vitesse du bateau et actionne une dynamo. C&rsquo;est clairement l&rsquo;hydrog\u00e9n\u00e9rateur qui produit trop peu de courant par rapport \u00e0 notre vitesse. Nous craignons d&rsquo;avoir accroch\u00e9 un cordage ou un morceau de filet de p\u00eache dans l&rsquo;h\u00e9lice. J&rsquo;immerge la GoPro \u00e0 partir de la plage arri\u00e8re pour essayer de voir ce qu&rsquo;il se passe sous le bateau. L&rsquo;h\u00e9lice moteur est propre, ce qui est une bonne nouvelle. Nous pouvons utiliser le moteur en cas de besoin. L&rsquo;hydrog\u00e9n\u00e9rateur, quant \u00e0 lui, semble tourner mais il est impossible d&rsquo;en dire plus. Nous sommes donc contraints de faire tourner le moteur du bateau durant environ une heure par jour pour recharger nos batteries. Ceux qui nous connaissent bien imaginent \u00e0 quel point cela nous fait mal&#8230; Une petite plong\u00e9e \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e \u00e0 Lanzarote confirmera le diagnostic de filet de p\u00eache coinc\u00e9 dans l&rsquo;h\u00e9lice de l&rsquo;hydro.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"443\" height=\"787\" data-id=\"769\" src=\"https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/helice-edited-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-769\" srcset=\"https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/helice-edited-1.jpg 443w, https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/helice-edited-1-169x300.jpg 169w\" sizes=\"auto, (max-width: 443px) 100vw, 443px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" data-id=\"776\" src=\"https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG-20221123-WA0005.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-776\" srcset=\"https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG-20221123-WA0005.jpg 768w, https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG-20221123-WA0005-225x300.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La troisi\u00e8me nuit est assez calme. Anne-Lise et moi alternons les quarts de veille. La mer est toujours dure mais moins. Je me l\u00e8ve le quatri\u00e8me jour pratiquement amarin\u00e9. Anne-Lise va mieux \u00e9galement. Charlotte est moins malade que les jours pr\u00e9c\u00e9dents mais c&rsquo;est encore difficile pour elle. Nous mettons une ligne de p\u00eache \u00e0 l&rsquo;eau. Nous naviguons plein vent arri\u00e8re avec le g\u00e9nois tangonn\u00e9 au vent sur la route pratiquement directe vers Lanzarote. Nous nous offrons un premier repas cuisin\u00e9 \u00e0 bord ainsi que la lecture de quelques histoires pour faire passer le temps. Nous avons maintenant largement d\u00e9pass\u00e9 la moiti\u00e9 du parcours.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi les choses qui nous frappent, il y a la vitesse \u00e0 laquelle la nuit tombe. La lumi\u00e8re du jour s&rsquo;estompe rapidement entre 17h30 et 18h00, laissant place \u00e0 un magnifique ciel \u00e9toil\u00e9 que nous avons beaucoup de plaisir \u00e0 admirer. Les \u00e9toiles filantes n&rsquo;y sont pas rares. Je commence la quatri\u00e8me nuit de quart alors que le vent monte sensiblement. Lady Mi se comporte bien mais je ne suis pas serein. Un cargo appara\u00eet \u00e0 l&rsquo;horizon et deux rel\u00e8vements successifs m&rsquo;indiquent que nous sommes en route de collisions. Je n&rsquo;ai pas trop envie de man\u0153uvrer le bateau car c&rsquo;est difficile avec le g\u00e9nois tangonn\u00e9. Il faut savoir que, selon la r\u00e9glementation internationale pour la pr\u00e9vention des abordages en mer, un navire qui navigue sous voile a \u00ab\u00a0priorit\u00e9\u00a0\u00bb sur un cargo. N\u00e9anmoins, lorsque cela est possible, nous essayons de modifier notre route pour ne pas g\u00eaner ces monstres des mers qui sont difficiles \u00e0 man\u0153uvrer. Dans le cas pr\u00e9sent, je contacte le cargo par radio pour discuter d&rsquo;une modalit\u00e9 de croisement s\u00fbre. L&rsquo;officier de quart me r\u00e9pond avec bienveillance et incline imm\u00e9diatement sa route. Je le salue en lui souhaitant un bon quart. Lorsqu&rsquo;Anne-Lise se r\u00e9veille, le vent souffle \u00e0 plus de 25 noeuds. Je profite du changement de quart et donc du fait que nous soyons deux pour r\u00e9duire la voilure. Le reste de la nuit se d\u00e9roule sans histoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le cinqui\u00e8me jour de mer est celui au cours duquel nous devrions apercevoir les c\u00f4tes de la Graciosa. Nous sommes euphoriques d\u00e8s le r\u00e9veil. Je remets une ligne de p\u00eache \u00e0 l&rsquo;eau. Nous prenons un petit d\u00e9jeuner et puis devons empanner pour ajuster la route. Anne-Lise qui travaille dans le cockpit alors que je suis \u00e0 la plage avant entend le bruit de la ligne de p\u00eache qui se d\u00e9route \u00e0 toute vitesse. Nous terminons la man\u0153uvre avant de remonter la ligne qui nous offre la surprise d&rsquo;une bonite d&rsquo;environ 3kg.  C&rsquo;est le premier poisson du voyage&#8230; Je passe donc la matin\u00e9e \u00e0 conditionner le poisson et puis \u00e0 le pr\u00e9parer pour le repas de midi. Nous mangerons la suite durant les prochains jours. Nous faisons \u00e9galement notre premier pain.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"922\" height=\"691\" src=\"https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/20221122_103106.resized.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-765\" srcset=\"https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/20221122_103106.resized.jpg 922w, https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/20221122_103106.resized-300x225.jpg 300w, https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/20221122_103106.resized-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 922px) 100vw, 922px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En d\u00e9but d&rsquo;apr\u00e8s-midi,  nous apercevons les volcans de la Graciosa. Nous sommes heureux de r\u00e9tablir un contact visuel avec la terre mais la route est encore longue.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"832\" height=\"624\" src=\"https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/DSCN2231.resized.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-771\" srcset=\"https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/DSCN2231.resized.jpg 832w, https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/DSCN2231.resized-300x225.jpg 300w, https:\/\/hanspoirrier.be\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/DSCN2231.resized-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 832px) 100vw, 832px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Peu avant la tomb\u00e9e de la nuit, nous enlevons le tangon et inclinons notre route en direction d&rsquo;Arrecife d&rsquo;o\u00f9 nous longerons la c\u00f4te jusqu&rsquo;\u00e0 Playa Blanca afin d&rsquo;\u00e9viter les zones d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de vent. Nous pensons arriver entre deux et trois heures du matin et optons pour dormir chacun deux heures avant l&rsquo;approche finale. Le vent tombe lorsque nous approchons de la c\u00f4te et nous ralentissons franchement. Nous ne sommes en fait pas press\u00e9s. Nous nous laissons aller gentiment sous voiles, aid\u00e9s par un peu de courant jusqu&rsquo;\u00e0 la Punta Papayago o\u00f9 nous affalons les voiles et allumons le moteur pour entrer dans le port. Il est environ trois heures du matin. Pas mal de bateaux sont mouill\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 de l&rsquo;entr\u00e9e dont certains sont \u00e0 peine signal\u00e9s. L&rsquo;entr\u00e9e est \u00e9troite et balis\u00e9e par deux feux de chenaux qui flashent quatre fois toutes les 15 secondes. Cela signifie que nous perdons \u00e0 chaque fois le contact visuel avec le chenal durant de longues secondes. Cela me para\u00eet risqu\u00e9 et nous d\u00e9cidons de faire demi-tour et de mouiller \u00e0 proximit\u00e9 de l&rsquo;entr\u00e9e du port. Le mouillage est malheureusement bond\u00e9 et il est difficile pour nous de trouver un endroit pour jeter l&rsquo;ancre. Nous r\u00e9p\u00e9tons la man\u0153uvre \u00e0 trois reprises et \u00e0 chaque fois, le mouillage d\u00e9rape, probablement parce que nous sommes sur des zones de cailloux qu&rsquo;il nous est impossible d&rsquo;identifier de nuit. Nous n&rsquo;avons donc d&rsquo;autre choix que de tenter d&rsquo;entrer \u00e0 nouveau dans la marina, ce que nous faisons sans difficult\u00e9. Nous nous amarrons au ponton de la r\u00e9ception. En d\u00e9pit du fait que nous avions r\u00e9serv\u00e9, l&rsquo;accueil est plut\u00f4t froid. La r\u00e9ception nous signale que notre r\u00e9servation n&rsquo;est effective qu&rsquo;\u00e0 partir de midi et menace plus ou moins ouvertement de nous expulser vers le mouillage en attendant. Finalement, nous obtiendrons une place pour la fin de la matin\u00e9e. Nous sommes fatigu\u00e9s mais heureux d&rsquo;\u00eatre arriv\u00e9s. Les paysages que r\u00e9v\u00e8lent les premi\u00e8res lueurs du jour sont prometteurs. L&rsquo;exp\u00e9rience de notre arriv\u00e9e ainsi que d&rsquo;autres, bien pires, qui nous sont relat\u00e9es par la suite, nous font comprendre que la circulation dans l&rsquo;archipel ne va pas \u00eatre ais\u00e9e. Les ports sont pleins et l&rsquo;esprit nautique est bien diff\u00e9rent de celui que nous connaissons. Partout o\u00f9 nous avons navigu\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, un bateau qui arrive dans un port est toujours accueilli, quel que soit le niveau d&rsquo;occupation du port m\u00eame si cela implique des solutions d&rsquo;amarrage temporaires et parfois inconfortables. La situation semble malheureusement bien diff\u00e9rente ici o\u00f9 un bateau est d&rsquo;abord contr\u00f4l\u00e9, voire refoul\u00e9 avant qu&rsquo;une solution soit \u00e9ventuellement trouv\u00e9e. Ce premier coup de gueule ne nous emp\u00eachera aucunement de profiter de cette escale qui s&rsquo;annonce tr\u00e8s riche.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En arrivant \u00e0 Cascais, nous n&rsquo;avions pas l&rsquo;intention d&rsquo;y rester particuli\u00e8rement longtemps. Mais la m\u00e9t\u00e9o, encore et toujours, nous a fait prendre un ticket de s\u00e9jour de deux semaines. Revenons quelque peu en arri\u00e8re. Le lendemain de notre arriv\u00e9e, nous faisons la connaissance de l&rsquo;\u00e9quipage du Voilier Morpheus qui nous avait \u00e9t\u00e9 indirectement pr\u00e9sent\u00e9. 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